Actions et omissions, effets voulus et effets latéraux : le conséquentialisme contre la morale intuitive
DOI :
https://doi.org/10.7202/1058148arMots-clés :
actions à double effet, dilemmes moraux, intentions, conséquentialisme, utilitarisme, action et omissionLangue(s) :
FrançaisRésumé
Intuitivement, nous jugeons que notre responsabilité concerne davantage ce que nous faisons que ce que nous omettons de faire, et qu’elle s’étend plus aux effets voulus qu’aux effets simplement prévus de nos actes. Ces intuitions ont été thématisées dans notre tradition par deux principes, celui de la distinction de l’action et de l’omission (PDAO) et celui des actions à double effet (PADE). Jonathan Glover reconnaît l’importance de ces principes, mais considère que, en définitive, il n’est pas judicieux de les conserver et qu’il vaut mieux s’en tenir à la doctrine conséquentialiste que notre responsabilité s’étend également à toutes les conséquences de nos actes et de nos omissions. Après avoir examiné les objections de Glover contre ces deux principes, je présente les recherches de Joshua Greene sur la neuropsychologie du jugement moral. Elles s’appuient sur nos réactions à certains dilemmes moraux, particulièrement à celui du wagon fou (trolley problem) et recourent à l’imagerie cérébrale. Ses conclusions vont dans le même sens que les arguments plus conceptuels de Glover. Toutefois, ces deux auteurs partagent une conception philosophique commune, le conséquentialisme. C’est pourquoi j’examine dans une dernière partie certaines objections que rencontre cette conception morale, ce qui m’amène, avec l’aide d’autres études de neuropsychologie, à conclure qu’il est peu judicieux de mettre de côté les intentions de l’agent.
Téléchargements
Publié
Comment citer
Numéro
Rubrique
Licence
© Bernard Baertschi 2019

Cette œuvre est sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International.
La Revue canadienne de bioéthique applique la Creative Commons Attribution 4.0 International License à toutes ses publications. Les auteurs conserveront leur droit d'auteur sur leur publication et ils pourront, par exemple, réutiliser leur publication, mettre un lien sur leur page d'accueil ou site web institutionnel, ou déposer un fichier PDF dans un dépôt public. Toutefois, les auteurs permettent à quiconque de télécharger, réutiliser, réimprimer, modifier, distribuer, ou copier leur publication, tant que les auteurs originaux et les sources sont cités.